SVETLANA ALEXIEVITCH / LES CERCUEILS DE ZINC / LA P'TITE LIBRAIRIE

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Qui a dit des livres et de la vodka, c'est que repose le secret de l'âme russe.

Peut-être la plus grande représentante des lettres russes actuelles, vous la connaissez, prix Nobel de littérature, en 2015.

Svetlana Alexievitch a en effet reçu le prix Nobel de littérature en 2015 pour une oeuvre atypique qui relève autant du grand reportage que de la grande littérature.

C'est parce que la guerre lui fait horreur que Svetlana Alexievitch est partie à la rencontre des survivants de ces guerres menées par son pays, l'ex-Union soviétique.

Dans les cercueils de Zingue, elle dénonce avec courage et brio les mensonges officiels à travers des dizaines de témoignages, ceux des mères endeuillées, mais aussi des soldats blessés, des commandants blasés, des agents de transmission trahis à leur retour de la guerre menée pendant 10 ans par l'Union soviétique en Afghanistan pour soutenir le régime communiste de Kaboul contre les moudjahidines, tous ces soldats ont été abandonnés par la mère patrie, dispersés ou cachés comme des spectres.

C'est pour qualifier ce silence et ce mensonge que Svetlana Alexievitch a choisi l'image du cercueil de Zingue.

Renvoyer les corps des soldats à l'intérieur de ces cercueils soudés interdisait aux familles endeuillées de les ouvrir pour voir leur fils une dernière fois.

Il était même défendu de dire qu'ils revenaient d'Afghanistan, seule tolérance, leur nom, leur date de naissance et de mort sur leur tombe.

Svetlana Alexievitch fait entendre des voix, celle d'une femme dont le fils croupit en prison, celle d'un pilote de char qui a vu tomber tous ses amis, celle des gens de l'arrière et celle des traumatisés des premières lignes.

Avec les cercueils de zinc, Svetlana Alexievitch démontre que si l'engagement a du sens en littérature, il ne se limite pas à donner son opinion, mais à recueillir les souvenirs des témoins.

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